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    Interview de Guy Vibourel, Président de la FTI

    Fondation pour les Terrains Industriels de Genève

    Anciennement Directeur général de Migros-Genève, puis Président de son Conseil d’administration, Guy Vibourel a été nommé en décembre 2019 Président de la Fondation pour les terrains industriels de Genève (FTI). Il connait donc particulièrement bien le secteur Praille-Acacias-Vernets dans lequel il a passé une grande partie de sa vie professionnelle. Entretien avec le responsable de l’entité qui aura la lourde tâche d’accompagner la relocalisation des entreprises du PAV appelées à être déplacées.

     

    Le PAV est immense, les entreprises nombreuses, leurs activités multiples. Par où commencer ?

    Par le commencement, donc par leur recensement. Il y a environ 1’200 entreprises dans le PAV. Toutes n’ont pas le même avenir. En fait, nous avons identifié 4 grandes catégories :

    • Les entreprises qui resteront dans le PAV, car elles pourront parfaitement cohabiter à côté de logements.
    • Les entreprises qui devront déménager du PAV, car leur activité est incompatible en termes de bruit, d’accessibilité future, etc…
    • Les entreprises qui pourront déménager à l’intérieur du PAV dans le secteur dédié à l’industrie (Praille-Ouest).
    • Les entreprises que nous pourrions faire venir dans le PAV, car leur activité serait indispensable à la vie du quartier. Je pense notamment à certaines entreprises de services.

     

    Les cas les plus difficiles seront probablement les entreprises qui devront quitter le site. Comment comptez-vous les convaincre ?

    Il faudra les convaincre que cette mutation peut représenter une réelle opportunité de développement et leur trouver un nouvel emplacement qui réponde à leurs besoins actuels et futurs. Nous souhaitons mieux les connaître pour pouvoir faire des transferts apaisés. Mais nous ne savons pas encore aujourd’hui quel est le pourcentage des entreprises actuelles qui devront partir du PAV. Ce travail sera mené en collaboration étroite avec la Fondation PAV.

     

    Mais avez-vous suffisamment de place ?

    Il n’y a pas beaucoup de place, c’est vrai, mais nous procédons actuellement à de nombreuses acquisitions de terrains. Notamment dans la future zone des Cherpines à Plan-les-Ouates, ainsi que dans le secteur de la ZIMEYSAVER. Nous comptons également sur une densification des zones industrielles favorisant une mixité d’activités. Nous gérons une trentaine de zones industrielles.

     

    La FTI ne s’occupe pas que du PAV, elle joue également beaucoup d’autres rôles.

    Nous sommes une entreprise de multi-services et de multi-activités. Un facilitateur essentiel au bon fonctionnement de l’écosystème industriel. Nos 35 collaborateurs sont évidemment actifs sur le territoire du PAV, mais aussi dans les ZI dîtes « Périphériques ». Ils sont également impliqués dans la stratégie de développement durable du canton, pour tout ce qui a trait aux économies d’énergie, à l’utilisation des matières premières et au développement de collaborations inter-entreprises. Nous gérons des fonciers en nom propre et pour le compte de l’Etat de Genève et des communes. Nous planifions et réalisons les équipements des zones de développement industriel et artisanale.

    Enfin, nous sommes le bras armé du canton pour inciter les entreprises installées ou qui veulent s’implanter en ZI à développer des pratiques durables en mutualisant des services ou des infrastructures comme un chauffage à distance par exemple. Dans le cadre de la politique industrielle du Canton, nous octroyons également des droits de superficie aux entreprises et nous nous prononçons sur leur éligibilité pour s’installer dans les zones industrielles.

     

    Au sujet des acquisitions de terrains et des droits de superficie, la FTI a-t-elle revu ses tarifs à la hausse ?

    Notre politique de prix est revue à peu près tous les deux ans, pour suivre l’évolution économique. Nous devons avoir une souplesse cadrée et bornée. Les zones industrielles s’ouvrent à de nouvelles activités, mais c’est une ouverture mesurée, par voie dérogatoire. Nous devons constamment trouver l’équilibre pour que les industries classiques, sans haute valeur ajoutée mais générant beaucoup d’emplois et indispensables au bon fonctionnement de l’économie, puissent également rester dans les zones.

     

    La FTI travaille-t-elle en mode autonome, ou également avec des privés ?

    De part nos multiples activités, nous devons absolument travailler avec des privés. Par exemple, nous sommes propriétaires, et pour monter des opérations immobilières, nous avons recours à l’expertise métier de consultants externes. La FTI est un acteur clé de l’immobilier industriel, qui doit gagner en visibilité.

     

    Comment gérez-vous le conseil de la FTI, composé principalement de représentants politiques, alors que vous avez aujourd’hui dirigé uniquement des entreprises privées ?

    Je suis totalement transparent avec mon Conseil, et il faut faire preuve d’écoute et de patience. Je souhaite être le plus proche possible de la Direction générale, que nous venons de changer. Mais nous devons quand même obtenir des résultats : sur les quelque 35 millions de chiffre d’affaires, nous en reversons chaque année un peu plus de 5 millions à l’Etat

     

    Article à retrouver dans le CI Mag n°11 (page 60)

     

     

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