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    Stratégie énergétique 2050

    Fondée sur des objectifs ambitieux, la Stratégie énergétique 2050 de la Confédération ouvre la voie à de nombreuses opportunités. Elle nous encourage à une utilisation parcimonieuse de l’énergie, tout en boostant les innovations axées sur le développement durable. La Suisse est capable de prendre ce virage : productivité et efficience sont dans l’ADN de notre pays. Optimiser notre gestion de l’énergie n’est pas source de contraintes, mais d’un meilleur confort !

     

    Une transition progressive

    Après la catastrophe de Fukushima en 2011, le Conseil fédéral et le Parlement ont décidé de sortir la Suisse de l’énergie nucléaire. Cette décision nécessitait une transformation du système énergétique. C’est ainsi que la Stratégie énergétique 2050 a vu le jour en 2017, couplée à la révision de la Loi sur l’énergie (janvier 2018). Son but : garantir à long terme un approvisionnement énergétique sûr, bon marché et respectueux de l’environnement. Pour ce faire et en particulier au cours de la première phase, le Conseil fédéral mise sur un renforcement de l’efficacité énergétique et sur le développement des énergies renouvelables. Par ailleurs, il souhaite intensifier la recherche dans le domaine de l’énergie. Lors d’une seconde étape, le système d’encouragement actuel sera remplacé par un système incitatif. Le bâton après la carotte !

     

    Valeurs indicatives de la stratégie énergétique 2050

    La Stratégie énergétique 2050 fixe des objectifs chiffrés, eux-mêmes suivis par un monitoring systématique. La consommation d’énergie finale moyenne par habitant et par an devra reculer de 43% d’ici 2035, et de 54% d’ici 2050. La consommation d’électricité, quant à elle, devra être réduite respectivement de 13% (2035) et de 18% (2050). En revanche, la production indigène moyenne d’énergies renouvelables, comme le solaire, le bois, la biomasse, l’éolien et la géothermie devra progresser. Selon la Confédération, plus la quantité d’énergies renouvelables disponibles est importante, moins la Suisse dépendra des importations d’énergies fossiles. L’application de ce cadre fédéral est du ressort des cantons. Ainsi, par le biais de son Plan directeur de l’énergie 2020-2030 (actuellement en cours de finalisation), Genève vise des seuils encore plus élevés, parmi lesquels certains seront à respecter impérativement.

     

    Le bâtiment, l’une des priorités de la stratégie

    Afin d’atteindre les objectifs fixés, le Conseil fédéral a développé de nombreuses mesures. Certaines visent à accroître l’efficacité énergétique dans les domaines du bâti, de la mobilité, des appareils et de l’industrie. D’autres ont trait à l’augmentation de la part d’énergies renouvelables. Les bâtiments sont responsables en Suisse de 50% de la consommation d’énergie et de près du tiers des émissions de CO2. Il est ainsi prévu d’étendre le programme d’assainissement des bâtiments, notamment en accroissant les moyens financiers disponibles. Les propriétaires immobiliers peuvent ainsi bénéficier d’un soutien financier s’ils améliorent l’isolation de leur bien, remplacent les vitrages ou leur système de chaufferie. Le programme est financé en partie par les recettes de la taxe sur le CO2, prélevée sur les combustibles.

    En termes de fiscalité, les investissements réalisés dans des rénovations énergétiques pouvaient déjà être déduits de l’impôt sur le revenu. Avec la mise en place de la Stratégie énergétique, les frais de démolition nécessaires aux nouvelles constructions sont également déductibles. Cela devrait conduire à une augmentation du nombre de rénovations complètes, plus judicieuses sur le plan énergétique et plus intéressantes fiscalement que les rénovations partielles.

     

    Autres domaines d’action de la stratégie énergétique

    Les exigences envers les appareils électriques continueront à s’accroître. Le trafic motorisé est responsable de 38% de la consommation d’énergie finale en Suisse. De ce fait, la Stratégie énergétique exige que les véhicules motorisés immatriculés pour la première fois affichent des valeurs réduites en termes d’émissions de CO2. Enfin, concernant les centrales nucléaires, aucune nouvelle autorisation n’est accordée ; les centrales existantes seront exploitées aussi longtemps que leur sécurité est garantie.

     

    Comment y parvenir ?

    Le Parlement avait déjà décidé en 2007 que la production annuelle de courant à partir d’énergies renouvelables devait être étendu. En 2009, l’instrument principal avait été l’introduction de la rétribution à prix coûtant du courant injecté (RPC). Les montants de la RPC servent à favoriser les technologies suivantes : hydraulique, photovoltaïque, éolien, géothermie, biomasse et déchets issus de la biomasse. La « caisse de la RPC » est alimentée par le supplément réseau, versé par les consommateurs d’électricité pour chaque kWh tiré du réseau. Le supplément fixé dans la Loi sur l’énergie se montait à 0,45 ct./kWh en 2013. Il est passé à 2,3 ct./kWh en 2018, suite à l’adoption de la Stratégie énergétique 2050.

    La révision en cours de la Loi sur l’approvisionnement en électricité (LApEl), qui vise une ouverture complète du marché de l’électricité, prévoit aussi une adaptation de la Loi sur l’énergie. Celle-ci devra comprendre, à titre de mesures d’accompagnement dans le cadre de l’ouverture du marché, de meilleures incitations à investir dans les énergies renouvelables indigènes. Le but est, là aussi, de renforcer la sécurité de l’approvisionnement.

     

    Vivre sans détruire notre planète

    Nous disposons d’un territoire qui nous permet de produire en grande partie l’énergie dont nous avons besoin, pour autant que nous évitions de consommer inutilement. La Stratégie énergétique 2050 marque la fin du « chacun pour soi » et l’éclosion de la conception d’écosystème. Elle nécessite des actions fortes et un renforcement des partenariats publics-privés. Dans le domaine de la gestion de l’énergie, des immeubles adjacents ne pourront plus faire l’impasse sur la mutualisation de leurs installations. Il s’agira de mobiliser l’énergie requise de manière plus efficace et responsable. Les solutions existent, mais pour aller de l’avant, nous devons perpétuer un cercle vertueux et faire preuve de persévérance !

     

    Le climat en question

    En lien avec la Stratégie énergétique 2050, la nouvelle Loi sur le CO2 a été finalisée par les Chambres fédérales en septembre de cette année, avec une entrée en vigueur prévue en janvier 2022 (sauf référendum). Dans le sens de l’Accord de Paris sur le climat, cette loi helvétique vise à réduire les gaz à effet de serre de moitié d’ici 2030, par rapport à 1990, et à limiter le réchauffement climatique à 1,5 degré.

    Les mesures envisagées sont les suivantes :

    • Introduction d’une taxe sur les billets d’avion
    • Compensation des émissions de CO2 par les importateurs de carburant
    • Augmentation du prix de l’essence

    Pour ce qui est du bâti, le mazout coûtera plus cher. La taxe sur le CO2, prélevée depuis 2008 sur les combustibles fossiles comme le mazout de chauffage et le gaz naturel, augmentera également.

     

     

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