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    Bertrand Demole

    Propriétaire et barreur du TF35 Ylliam XII - Comptoir Immobilier

    Le programme initial des TF35 a été complètement changé au début du printemps, suite à la crise liée au COVID 19. Comment avez-vous réagi à cette situation ?

    J’ai réalisé assez tôt que nous ne pourrions pas naviguer comme prévu, et que le programme ne pourrait-être tenu. Du coup, nous avons un peu anticipé les choses, et avons pu nous adapter. Thierry Briend et Téva Plichard ont fait un travail remarquable de préparation en Bretagne malgré une situation difficile.

    Pour le reste, c’était bien sûr décevant de ne pas commencer comme prévu en mai. Mais avec le recul, je crois que nous réalisons tous qu’il aurait été un peu imprudent de se lancer sur une course comme le Bol d’Or avec peu d’entraînement et encore des lacunes de mise au point.

     

     

    Après une première session d’entraînement sur le bateau n°0 en Espagne, vous avez enfin touché votre voilier, et commencé à naviguer sur le Léman. Quelles ont-elles les différences entre le prototype et Ylliam XII – Comptoir Immobilier ?

    Le bateau n°0 était un prototype qui n’était pas complètement abouti et voué à évoluer. Le système informatique qui stabilise le vol a été adapté depuis ces premières navigations. C’est un algorithme qui apprend de chaque expérience, il se nourrit au fil du temps. Quand nous avons touché Ylliam XII – Comptoir immobilier, c’était déjà une évolution du proto, et il volait beaucoup mieux et de manière plus stable. Mais il y a encore des améliorations à faire, notamment autour de 20 nœuds de vent, quand le bateau va plus vite que 30 nœuds. Nous travaillons actuellement sur les hautes vitesses.

     

     

    Que pouvez-vous dire sur les différences fondamentales, de votre point de vue de naviguant, entre le D35 et le TF35 ?

    Il y a déjà beaucoup de changement au niveau logistique. Le TF35 ne peut par exemple pas rester toute la saison dans l’eau, il est sorti régulièrement, et chaque sortie demande plus de préparation et du soutien. Il faut connecter l’informatique à chaque fois, faire un programme précis de ce qu’on va faire.

    Au niveau navigation, le comportement en vol est aussi très différent, et nous avons dû nous adapter à cette évolution en 3D. Nous devons notamment utiliser un nouveau vocabulaire. On parle d’altitude, de pitch…

     

     

    Des premières régates d’entraînement sont prévues en septembre. Est-ce que vous appréhendez ces courses ?

    Il y a effectivement un peu d’appréhension. Nous avons essayé tout l’été de pouvoir dominer un peu la monture, mais quand on sera en flotte, avec l’esprit de compétition, ça va amener une nouvelle dimension. La question de la sécurité va être au centre, et j’espère que tous les équipages vont jouer le jeu pour ne pas prendre trop de risque. Un équipier qui tombe à l’eau peut subir des blessures graves avec les foils. Le règlement va peut-être devoir un peu évoluer pour assurer la sécurité.

     

     

    Vous avez terminé les trois dernières saisons de D35 sur le podium. Pensez-vous vous retrouver parmi les leaders ?

    C’est un nouveau départ pour nous. Il y a des équipes qui ont navigué presque à plein temps depuis qu’elles ont leur bateau. Nous restons des amateurs, et allons devoir constituer à nouveau notre savoir. Alinghi, Spindrift ou le nouveau venu Zoulou vont probablement dominer la flotte dans un premier temps. Artexplora arrive dans la série devra quant à lui trouver ses marques. Nous espérons naviguer en milieu de classement, en tout cas au début.

     

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