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LFAIE

Acquisition de logements en Suisse par des étrangers

Vous vivez à l’étranger et rêvez de posséder un chalet de montagne en Valais ? Vous êtes un ressortissant étranger résidant en Suisse et souhaitez acquérir une résidence principale sur territoire helvétique ? Suivez les traces d’Alex, Dimitri, Saskia et Emily et vous saurez tout sur l’achat d’un logement en Suisse !

 

Qu’est-ce que la LFAIE ?

En tant que citoyen étranger, vous pouvez acquérir un bien immobilier en Suisse sous certaines conditions. Ces dernières sont définies dans la Loi fédérale sur l’acquisition d’immeubles par des personnes à l’étranger (LFAIE) entrée en vigueur en 1985. L’application de la LFAIE est du ressort des Cantons. Les normes fédérales sont toutefois interprétées et appliquées de manière plus ou moins stricte selon les autorités cantonales. La LFAIE est dite « Lex Koller », du nom du conseiller fédéral PDC Arnold Koller. Cette loi a pour but de limiter l’emprise spéculative des ressortissants étrangers sur les biens immobiliers en Suisse.

Cette loi est relativement complexe. Elle varie en fonction de votre type de permis de séjour en Suisse, de votre pays d’origine et votre lieu de domicile. De plus, la loi change selon l’utilisation à laquelle vous destinez le bien immobilier en question : résidence principale, logement de vacances, local commercial, etc. Notons que par « immeubles » sont entendues diverses catégories de biens. Villas, appartements, terrains, immeubles sont concernés.

Qui est soumis à la LFAIE ?

Vous êtes assujetti à la LFAIE et devez obtenir une autorisation pour avoir le droit d’acquérir un immeuble en Suisse si vous êtes domicilié à l’étranger. Vous le serez aussi si vous êtes un étranger résidant en Suisse mais non ressortissant d’un pays membre de la Communauté européenne (CE) ou de l’Association européenne de libre-échange (AELE) et ne possédez pas d’autorisation d’établissement valable (permis C). Cependant, en tant que titulaire d’un permis B, vous n’aurez pas à requérir d’autorisation mais serez soumis à certaines restrictions. Pour vous y retrouver facilement dans les dédales de la LFAIE, lisez les cas de figure ci-dessous.

Alex est un Belge qui habite et travaille à Genève. Cet étranger aimerait acquérir un bien immobilier comme résidence principale. Son collègue russe Dimitri veut en faire de même.

Comme citoyen d’un pays membre de la CE et au bénéfice d’un permis B, Alex est considéré au même titre qu’un Suisse. Il peut donc librement faire l’acquisition d’une / plusieurs résidences principales ou secondaires, ceci à titre personnel ou d’investissement.

Le Russe Dimitri (ressortissant d’un pays extérieur à l’Union européenne, disposant d’un permis B) peut également acheter un bien immobilier sans autorisation. Il doit toutefois s’engager dans l’acte de vente à en faire sa résidence principale. Il devra l’acquérir en nom propre et non pas au travers d’une société. Enfin, il ne pourra pas le louer. Certaines limitations concernant la surface de la parcelle s’ajouteront, afin d’éviter les placements de capitaux.

Si Dimitri obtient un permis C, il ne sera plus soumis à ces restrictions. Enfin, tout comme ses compatriotes restés au pays, il a le droit d’acquérir un bien immobilier destiné à des usages commerciaux ou industriels en Suisse. Il devra toutefois s’assurer que la surface de réserve n’excède pas 1/3 de la surface non bâtie de la parcelle. Ceci vaut dans l’hypothèse de l’acquisition d’une parcelle entière et non pas d’un bureau construit dans un bâtiment en PPE par exemple.

Saskia vit aux Pays-Bas et envisage d’acheter une résidence secondaire dans une station de montagne

Saskia réside à l’étranger et est par conséquent touchée par les restrictions de la LFAIE. Saskia devra s’adresser à l’autorité cantonale compétente du lieu dans lequel se situe son bien pour obtenir une autorisation. Cette dernière ne lui sera accordée que dans la limite du contingent fixé à 1’500 biens par an pour toute la Suisse.  Ces unités sont réparties entre les cantons comprenant des communes considérées comme « zones à vocation touristique ». La liste des cantons concernés comprend par exemple le Valais, le Tessin, Vaud, les Grisons et Berne. Genève et Zurich n’en font pas partie. Ces quotas ont pour but de préserver certaines régions hautement touristiques d’une emprise étrangère et se prémunir contre les « lits froids ». La surface habitable maximum fixée par la LFAIE est de 200 m2 et celle du terrain de 1’000 m2, avec certaines dérogations possibles. Enfin, Saskia ne pourra louer son logement que temporairement. Elle n’aura l’autorisation de le revendre qu’après un délai de cinq ans.

L’américaine Emily aimerait construire une maison de vacances en Suisse

Tout comme Saskia, Emily vit à l’étranger. Ceci signifie qu’elle ne peut acquérir qu’une résidence de vacances située en zone touristique expressément déterminée. Du fait qu’il s’agit d’une nouvelle construction, elle devra également veiller à respecter les conditions émises par la Loi fédérale sur les résidences secondaires (LRS). La LRS est connue sous le nom de « Lex Weber » et est entrée en vigueur en 2016. Cette réglementation la concerne selon le même régime que les Suisses. Elle interdit toute nouvelle résidence secondaire dans les communes qui en comptent plus de 20%. Enfin, Emily devra prendre en considération la révision de la Loi sur l’aménagement du territoire (LAT) qui stipule que le développement de l’urbanisation s’opère avant tout dans les zones à bâtir existantes. Cette modification a pour principal objectif de freiner le mitage du territoire.

 

#En Bref : comme étranger, vous pouvez certes acheter une propriété en Suisse. Cependant, les restrictions sont importantes et diffèrent de cas en cas. Faites appel à un spécialiste pour mener à bien votre projet !

 

Nos sources :

 

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