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Bertrand DEMOLE

Propriétaire du D35 YLLIAM

Une fin de saison 2018 vous octroyant une deuxième place au classement général derrière Alinghi, comme en 2017, quel est votre ressenti ?

Nous sommes ravis de cette deuxième place. On a souvent cédé des positions chaque place compte dans chaque course. C’est une bataille pouvant se renverser à tout moment. Nous sommes surtout contents de notre résultat au Bol d’Or où on a mené la course à quatre reprises et on a fini sur le podium, mais cela s’est joué à très peu. Finir premier lors du dernier Grand Prix de la saison et ce pour la première fois est source de grande satisfaction !

Quelle est votre stratégie à bord ? Le rôle de chacun ?

L’équipe est très rodée, et les rôles sont bien définis. Je suis à la barre, et j’ai en numéro 2 Pierre Pennec qui s’occupe de la grand-voile. Pierre tient le rôle de performeur, il fait avancer le bateau et s’assure que tout le monde est bien coordonné. En tant que chef de projet, il mène l’équipe. Bruno Barbarin est notre nouveau tacticien. Thierry Briend est le régleur des voiles avant, donc également un rôle clé pour régler la vitesse du bateau. Téva Plichart et Alexis Rochat embraquent et gèrent l’avant du bateau.

Un équipage qui est stable entre 2017 et 2018, avez-vous trouvé l’équilibre parfait pour bien performer ?

La régularité est la clé de la réussite. Des entraînements réguliers permettent de développer des automatismes et avoir un bon esprit d’équipe. On doit toujours s’assurer de préserver ce bon fonctionnement. Finalement, gagner c’est aussi monter un projet, monter une équipe, savoir la motiver et la mener.

Le bateau est-il revenu en cette année 2018 avec des améliorations ? Si oui, lesquelles ?

Chaque année on remet le bateau quasiment à neuf. Cette année nous avons renouvelé la grand-voile et le foc. De nombreux autres travaux ont été effectués sur le bateau, mais je préfère ne pas rentrer dans les détails pour ne pas dévoiler notre jeu, car la préparation du bateau rentre également beaucoup dans le challenge.

Racontez-nous cette 3e place au Bol d’Or 2018 !

Ça a été une très belle course de longue haleine, puisqu’elle a duré 14 heures sans arrêt. On a constamment dû régater, nous avons à plusieurs reprises pris la tête de la course, mais le vent revenait systématiquement de l’arrière, phénomène plutôt rare. On tombait dans les môles, et tous les concurrents avaient ainsi une chance de revenir sur les premiers. C’était du « match racing » durant toute la course, ou nous avons par exemple dépassé quatre fois Alinghi, qui revenait à chaque fois de la course, même jusqu’à la ligne d’arrivée où nous étions un mètre devant lui ayant pris une priorité sur tribord.

Que préférez-vous ? Les grandes courses ? Les grands prix ? Quelles spécificités ?

Au début je préférais les grandes courses, qui sont toujours des beaux événement. Mais aujourd’hui les grands prix sont des compétitions que j’apprécie davantage de par leur dynamisme. Ce sont des courses en douze manches, des vraies compétitions plus intenses avec plus de phases de contact où on peut vraiment se mesurer avec les autres concurrents.

Quelles sont vos perspectives pour 2019 ?

2019 va être une année charnière, on a un projet de nouveau bateau : le TF35, qui est un prototype que nous avons décidé de lancer avec dix autres personnes concurrentes. Il s’agit du successeur du D35, qui volera sur foils et atteindra des vitesses beaucoup plus élevées – jusqu’à 40 noeuds. C’est un projet un peu fou, mais un projet d’avenir qui réunira plusieurs équipages pour innover ensemble. D’autre part, 2019 sera la dernière édition du challenge D35 comme on la connait en course classique archimédienne.

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