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Ylliam XII - Comptoir Immobilier

Premières semaines d’entraînement intenses

Mis à l’eau le 18 juin, le catamaran TF35 Ylliam XII – Comptoir Immobilier a effectué ses premières sessions de navigations. Elle ont été consacrées essentiellement à la fiabilisation et à la mise au point. Si la monture s’est parfois révélée farouche, les progrès réalisés depuis les premiers bords sont évidents. L’équipe se réjouit de poursuivre les entraînements.

 

Six sorties ont pu être effectuées par l’équipage de Ylliam XII – Comptoir Immobilier lors de sa première session d’entraînement. Les premières navigations ont été consacrées à la fiabilisation, l’étalonnage et la mise au point du bateau. Le travail sur les manœuvres et l’optimisation de la performance a également pu débuter.

 

Nouvelle approche

De nombreux détails ont été réglés depuis les premières sorties. En dehors des navigations, l’équipage a passé son temps à peaufiner la préparation du catamaran. Pose d’un renfort ou de protection de manœuvres, marquage des éléments de gréement courant pour disposer des repères précis de réglages, étalonnage de l’informatique… Le travail n’a pas manqué, et les journées ont été bien occupées.

« Nous disposons d’un système qui enregistre toutes les données de navigation, explique Erwan Israël, affairé à paramétrer des données sur une tablette. Et de poursuivre : tout est connecté. À ce stade, l’enregistrement se fait à une fréquence de 1 Hertz, soit une fois par seconde. Mais nous travaillons à augmenter cette fréquence. Toutes ces données peuvent être analysées et doivent nous servir à optimiser chaque navigation. Les développeurs du système de vol vont également avoir accès aux paramètres de tous les bateaux, et vont procéder à une amélioration permanente du programme. »

 

Sécurité prioritaire sur le catamaran

Côté gestion des sorites, l’organisation n’a plus grand-chose à voir avec celle du D35. La question sécuritaire est mise au centre. Chaque membre de l’équipe doit soigneusement s’équiper d’un casque et d’un gilet de protection antichoc avant de partir sur l’eau. Les risques d’un impact avec un foil en cas de chute à l’eau, à des vitesses avoisinant les 70 km/h, ne doivent pas être pris à la légère. Il est fondamental de les limiter. En plus des protections antichocs, chaque équipier dispose encore d’un couteau qui peut lui servir à se dégager en cas de chavirage. Il dispose également d’un mini-équipement de respiration destiné à sauver la vie, si quelqu’un se retrouve coincé sous l’eau.

« Nous avons commencé en mettant ces systèmes sur chaque homme, relève Teva Plichart. Puis, nous avons ensuite décidé de les fixer sur la poutre avant, pour qu’ils soient disponibles en cas de retournement, comme le permet le règlement. Mais celui-ci a évolué, et nous attendons des nouveaux modèles, avec un détendeur séparé que nous pourrons porter sur chaque gilet. S’agissant de matériel militaire, c’est assez long à faire livrer. Mais nous devrions disposer de l’ensemble pour les prochaines sessions. »

 

Sorties musclées pour le catamaran

À ce stade, le catamaran a déjà dépassé les 30 nœuds (environ 60 km/h). Il a navigué dans des conditions assez appuyées, de près de 20 nœuds de vent. « C’est très différent ce que nous avons expérimenté lors de notre session en Espagne sur le bateau numéro 0, explique Florian Trub, équipier de réserve et pilote du canot moteur. Nous n’avions jamais plus de 8 nœuds vent lors de ces sorties d’hiver. Là, avec du vent, tout devient plus compliqué. Et il faut compter presque 6 heures de travail pour 2 heures de navigation. C’est assez laborieux, mais vraiment intéressant. »

L’équipage souligne à l’unanimité l’évolution impressionnante du système de vol. « On sent vraiment la différence avec les premières sorties, affirme Thierry Briend. Et ça va aller de mieux en mieux. Nous allons continuer à apprivoiser le catamaran et son fonctionnement, et les choses vont devenir plus faciles au fil des navigations. »

Au niveau des entraînements, l’équipe a également pu commencer à se consacrer à la partie purement sportive. « Nous sommes passés du mode mise au point, au mode entraînement, explique Pierre Pennec, régleur du chariot de grand-voile. Nous avons débuté le travail sur la communication dans les manœuvres. Même si nous avons tous l’habitude de naviguer ensemble, c’est un aspect fondamental qui exige des adaptations. Le bateau mouille beaucoup, va très vite, et est très bruyant. Nous devons donc mettre en place des modes pour nous comprendre très vite dans cet environnement très contraignant. »

 

Progresser et rester prudent

Lors de la dernière sortie de la session, alors que les airs soufflaient assez fort, autour de 20 nœuds. Le catamaran a planté après une accélération à 35 nœuds, retombant de son mode « vol » dans l’élément liquide en quelques secondes. Deux personnes ont été éjectée sur le trampoline, et légèrement blessées. L’événement a rappelé à chacun l’importance de rester prudent, et de garder la maîtrise du bateau. « Il y a eu une accumulation de petites erreurs, détaille pour conclure Thierry Briend. Les heures d’entraînement doivent nous permettre de gagner en expérience, et d’éviter bien sûr ce type de problèmes. »

 

Une deuxième session d’une semaine fin de s’achever permettant ainsi à l’équipage de s’entraîner et ajuster les réglages. Une autre session d’une semaine est encore au programme de l’équipage de Ylliam XII – Comptoir Immobilier à la fin du mois d’août afin de peaufiner la stratégie avant les régates d’entraînement avec les sept bateaux qui sont normalement prévues dès le mois de septembre.

 

Le saviez-vous ?

Thierry Briend en route pour le Trophée Jules Verne

Thierry Briend, régleur de grand-voile sur Ylliam XII – Comptoir Immobilier, prépare en parallèle à son engagement sur le TF35, le trophée Jules Verne. Il s’agit du record absolu autour du monde à la voile et en équipage. Il est détenu par Francis Joyon et ses hommes qui ont pulvérisé ce temps de référence en 2017 en bouclant la boucle en seulement 40 jours et 23 heures.

Thierry Briend est membre depuis vingt ans de l’équipage du skipper français Thomas Coville. Celui-ci va s’engager dans cette tentative à bord de Sodebo Ultim, un trimaran de 32 mètres équipé de foils. Six marins seront à bord pour l’aventure. Les régatiers seront en « stand-by » dès le mois de novembre dans l’attente d’une fenêtre météo favorable pour s’élancer. La ligne de départ et d’arrivée est située entre Ouessant, à l’extrême ouest de la Bretagne, et le cap Lizard, point le plus au sud de la Grande Bretagne.

 

Photo © Jean-Marie LIOT / Sodebo
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